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Psychothérapies

EMDR : déroulement d’une séance, indications et limites de cette psychothérapie

EMDR : en quoi consiste concrètement une séance, quand cette thérapie est-elle recommandée et quelles en sont les limites. Protocole en huit phases, efficacité documentée pour le TSPT, nombre moyen de séances, effets transitoires possibles et situations où différer.

EMDR : déroulement d’une séance, indications et limites de cette psychothérapie

L’EMDR est une psychothérapie structurée qui vise à retraiter des souvenirs traumatiques pour réduire les symptômes de stress post-traumatique. Recommandée par l’OMS, elle suit un protocole précis, avec des indications claires et des limites à connaître pour faire un choix éclairé.

EMDR : objectif et principes en bref

L’EMDR, pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing, consiste à activer le système de traitement de l’information du cerveau en exposant brièvement la personne à des éléments du souvenir perturbant tout en stimulant alternativement les deux hémisphères (mouvements oculaires, stimulations tactiles ou auditives). L’objectif est la désensibilisation de la charge émotionnelle et la restructuration des cognitions associées au traumatisme.

Les autorités sanitaires internationales considèrent l’EMDR comme une des psychothérapies de référence du trouble de stress post-traumatique (TSPT), aux côtés des TCC centrées sur le trauma. En France, Santé publique France et l’Inserm la citent également parmi les traitements recommandés du psychotraumatisme.

Déroulement d’une séance d’EMDR : les étapes clés

Une séance type dure 60 à 90 minutes. Elle suit un protocole standardisé en huit phases, adapté à l’âge et à la clinique de la personne :

  • Anamnèse et planification : repérage des événements cibles, des déclencheurs actuels, des ressources, des objectifs de traitement.
  • Préparation : psychoéducation, techniques d’ancrage et de régulation (respiration, “lieu sûr”), vérification du consentement et du cadre.
  • Évaluation : définition précise de l’image la plus perturbante, des pensées négatives et positives, du niveau de détresse subjectif.
  • Désensibilisation : séries de stimulation bilatérale alternée (yeux, sons, tapotements) pendant que la personne maintient la cible en tête et laisse venir les associations.
  • Installation : renforcement de la cognition positive souhaitée lorsque la détresse diminue.
  • Scan corporel : vérification des sensations résiduelles et retraitement si besoin.
  • Clôture : retour au calme, consignes entre les séances, normalisation des réactions possibles.
  • Réévaluation (séance suivante) : contrôle des gains, choix d’une nouvelle cible si nécessaire.

Concrètement, beaucoup décrivent le mouvement rythmé du regard de gauche à droite en suivant les doigts du thérapeute, avec des pauses fréquentes pour verbaliser ce qui émerge, puis une sensation d’“éloignement” émotionnel du souvenir.

Indications validées : quand l’EMDR est pertinente

Le cœur des indications est le trouble de stress post-traumatique après des agressions, accidents, deuils traumatiques, violences, attentats ou traumatismes complexes. Chez l’adulte comme chez l’enfant, l’OMS classe l’EMDR parmi les thérapies à l’efficacité la mieux établie pour le TSPT. En France, Santé publique France et l’Inserm soulignent son intérêt dans la stratégie globale de prise en charge du psychotraumatisme.

L’EMDR peut également être envisagée pour des symptômes post-traumatiques partiels (reviviscences, hypervigilance, évitement), certaines phobies liées à un événement, des douleurs persistantes avec composante traumatique, ou des réactions de détresse aiguë persistantes. L’indication se discute au cas par cas après évaluation clinique et hiérarchisation des priorités thérapeutiques.

Efficacité, durée et nombre de séances

Les données internationales montrent une réduction significative des symptômes de TSPT avec l’EMDR, souvent après un cycle court de séances ciblées sur un ou plusieurs souvenirs. Dans la pratique, on compte en moyenne 6 à 12 séances pour un traumatisme unique non complexe, davantage pour des traumatismes répétés ou des comorbidités.

Le rythme est généralement hebdomadaire, mais des formats plus intensifs existent dans des dispositifs spécialisés. Les résultats s’évaluent par l’amélioration du sommeil, la baisse des reviviscences et de l’évitement, la reprise d’activités, et des échelles validées de symptômes.

Limites, contre-indications et effets transitoires

L’EMDR n’est pas une solution universelle. Elle est moins indiquée en cas d’instabilité aiguë non contrôlée (risque suicidaire, addictions sévères non prises en charge, états psychotiques décompensés), de traumatismes complexes sans cadre sécurisant, ou en l’absence de consentement éclairé. Une stabilisation préalable et un travail sur les ressources sont alors prioritaires.

Des effets transitoires sont possibles : fatigue, rêves intenses, émotions fluctuantes les jours suivants. Ils sont généralement temporaires et font partie du processus de retraitement. Le thérapeute donne des consignes claires pour gérer ces réactions et prévoit un suivi rapproché si nécessaire.

Qui peut pratiquer l’EMDR et comment choisir son thérapeute

En France, l’EMDR est réalisée par des psychologues, psychothérapeutes ou médecins/psychiatres formés à la méthode, au sein de cabinets libéraux, de structures hospitalières ou des Centres régionaux du psychotraumatisme. Pour choisir, vérifiez :

  • un titre professionnel protégé (inscription ADELI/RPPS pour les psychologues, thèse et qualification pour les médecins) ;
  • une formation EMDR reconnue, supervision et pratique régulière ;
  • un cadre clair sur les objectifs, le rythme, l’évaluation et la gestion des risques.

Votre médecin traitant peut orienter vers des structures adaptées, notamment si les symptômes sont sévères, si un accompagnement pluridisciplinaire s’impose ou pour accéder à un CRP.

Coût et remboursement en France en 2026

Au 25 septembre 2026, les séances d’EMDR en libéral sont généralement à la charge du patient lorsqu’elles sont réalisées par un psychologue hors dispositifs spécifiques. Le dispositif national Mon soutien psy permet le remboursement de séances d’accompagnement psychologique chez un psychologue conventionné pour des souffrances légères à modérées ; il ne cible pas une méthode unique et ne garantit pas la prise en charge d’un protocole EMDR complet. L’accès direct au psychologue conventionné est en place depuis 2026, et le plafond annuel de séances ne s’applique plus, depuis le 12 juin 2026, aux mineurs en ALD (hors ALD 23) si les séances s’inscrivent dans un protocole de soin. Renseignez-vous sur les critères d’éligibilité, les plafonds et tarifs actualisés sur ameli.fr.

Si l’EMDR est conduite par un psychiatre conventionné, la consultation relève du régime habituel des soins médicaux. En établissement public ou dans les CRP, la prise en charge dépend du statut de la structure, du parcours de soins et des éventuels forfaits. Votre médecin et votre caisse d’Assurance Maladie peuvent préciser les modalités applicables à votre situation.

Questions pratiques pour se décider

Comment savoir si l’EMDR me convient ?

Un entretien d’évaluation permet de confirmer la présence de symptômes liés à un ou plusieurs événements, d’identifier les déclencheurs, les risques et les comorbidités. Le thérapeute propose un plan graduel et vérifie votre capacité à utiliser des techniques d’auto-apaisement entre les séances.

Y a-t-il un âge pour commencer ?

L’EMDR est adaptable chez l’enfant et l’adolescent par des protocoles spécifiques, avec l’accord des responsables légaux et une préparation renforcée.

Peut-on faire de l’EMDR si le souvenir est flou ?

Oui. Le travail peut partir de sensations corporelles, d’images fragmentaires ou de situations actuelles qui réactivent la détresse, dès lors qu’un cadre sécurisé est posé et qu’un lien plausible avec un vécu traumatique est établi.

Le bon usage de l’EMDR : intégrée, évaluée, sécurisée

L’EMDR est plus efficace lorsqu’elle s’inscrit dans une stratégie globale : évaluation médicale et psychosociale, psychoéducation, hygiène de vie, traitement des comorbidités, appui au retour aux activités. Si vous vous reconnaissez dans des symptômes de TSPT, parlez-en à votre médecin et demandez une orientation vers un professionnel formé ou vers un centre spécialisé. En cas de risque immédiat, appelez le 15 ou le 3114. Agir tôt et dans le bon cadre augmente les chances d’un soulagement durable.

Sources

Organisation mondiale de la Santé (OMS) : Trouble de stress post-traumatique (TSPT), fiche d’information : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/post-traumatic-stress-disorder

Organisation mondiale de la Santé (OMS) : L’OMS publie des orientations sur les soins de santé mentale après un traumatisme : https://www.who.int/fr/news-room/detail/06-08-2013-who-releases-guidance-on-mental-health-care-after-trauma

Santé publique France : Quels sont les moyens de soutien médico-psychologique après un attentat ? : https://www.santepubliquefrance.fr/stress-post-traumatique/quels-sont-les-moyens-de-soutien-medico-psychologique-apres-un-attentat

Inserm : Troubles du stress post-traumatique : https://www.inserm.fr/dossier/troubles-stress-post-traumatique/

Assurance Maladie, ameli.fr (Assuré) : Remboursement de séances chez le psychologue : dispositif Mon soutien psy : https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/remboursement-seance-psychologue-mon-soutien-psy

Assurance Maladie, ameli.fr (Psychologue) : Le parcours de prise en charge d’un patient dans le cadre du dispositif Mon soutien psy : https://www.ameli.fr/psychologue/exercice-professionnel/parcours-prise-en-charge-patient-mon-soutien-psy

Assurance Maladie, ameli.fr (Médecin) : Accompagnement avec un psychologue conventionné : Mon soutien psy : https://www.ameli.fr/medecin/exercice-liberal/prise-charge-situation-type-soin/accompagnement-psychologue-conventionne-mon-soutien-psy